jeudi 25 septembre 2014

Un an

Il est un peu tôt pour en parler mais... j'en ai besoin, là, tout de suite.

Le 16 octobre, ça fera déjà un an. A 4h50 du matin, pour être très exacte.

A cette heure là, je serais doucement en train de me réveiller pour me préparer à aller au travail, comme s'il s'agissait un jour normal, comme si rien n'avait changé.
A regarder les gens vivre, à leur sourire, à rire à leur plaisanterie, à écouter les râleries des uns et des autres...

Le temps a donc passé, à une allure tellement folle que j'ai encore du mal à réaliser. Mais les sentiments, eux, sont très clairs en revanche, très définis en fait. Plus que je ne l'aurai cru. Tout est évident, éprouvé, logique.

Aujourd'hui, ils sont à la fois très différents de l'année dernière, et pourtant si... proches en quelque sorte. Disons qu'en fait, ils sont toujours aussi intenses, violents, douloureux. Mais leur nature même a changé.

Il y a un an, c'était de la colère et de l'incompréhension, de la culpabilité aussi, énorme, forcément.
Il y a un an, j'apprenais que maman était partie alors que je ne l'avais pas revu depuis deux mois. Et je n'ai pas eu le temps de venir à son chevet. Mes soeurs y étaient, mon père aussi, heureusement. Mais elle n'a pas pu me voir, je ne suis arrivée que bien après.
Et l'idée même qu'elle n'ai pas pu poser les yeux sur moi avant de partir me ronge de culpabilité. Je suis tellement désolée... J'ai l'impression qu'il me manque quelque chose du coup, et j'ai l'impression de l'avoir déçue, attristée au final. Je suis pétrifiée de peur à l'idée qu'elle ai songé que je n'étais évidemment pas là, avant de s'endormir.

Ce qui a été dur aussi, c'est de gérer ça de mon côté, avec la panique, l'incompréhension, la solitude, tout en devant assumer des choix forcément pas très heureux à ce moment là. La panique, oui, c'est le mot.
Ensuite il a fallut rester souriante, gérer les choses, avoir les épaules solides, parce qu'il était hors de question de ne pas être une sorte de pilier. Ce n'est même pas une question d'avoir voulu l'être, c'était juste un fait, c'était comme ça que je devais être, point final. Je n'aurai pas pu faire autrement même si je l'avais voulu.
Résultat, il a fallut des semaines pour que je craque enfin. Parce qu'il le faut évidemment, dans ce genre de situation. Rester "insensible" fini par faire gonfler une bulle horriblement envahissante en soi, et ce craquage, arrivé en pleine nuit, était en réalité une véritable bouffée d'oxygène pour recommencer à vivre normalement, du moins un minimum.
Evacuer l'émotion, d'un coup, violemment... et respirer ensuite.

Le monde est complètement différent quand on perd un parent trop vite, trop tôt.
Maintenant, la souffrance est toujours aussi forte, mais différente, donc. Maintenant, c'est le manque réel, effectif, qui prend la place du vide.
Au bout d'un an on se rend concrètement compte de là où on a besoin d'elle, de tout ce qu'on faisait avant pour elle, avec elle, dans l'attente d'un mot, de quoi que ce soit.
Au début, l'incompréhension, le vide. Un an après, le manque, pesant, les preuves du vide.

Mais peut-être que le plus frustrant dans tout ça, au final, c'est que beaucoup semblent croire qu'au bout "d'autant de temps", c’est bon, le deuil est fait et on est passé à autre chose.
Ils sont loin de comprendre que la douleur est toujours aussi vive mais qu'on est obligé de dire que "ça va" ; ils sont loin de comprendre que toutes les nuits, sans exception depuis le départ de maman, je fais systématiquement le même rêve qui se transforme en cauchemar, et que ça en devient une habitude lassante ; ils sont loin de comprendre que dès que j'entends parler de cancer, j'ai envie de hurler.
Ils sont loin de comprendre qu'on est exactement comme hier, deux minutes après le coup de téléphone.




samedi 20 septembre 2014

Journées du Patrimoine en Or...

... en quelque sorte.
Pour l'or, oui. Mais pour les journées... disons que je n'ai (de nouveau) pas eu le cran d'affronter la foule, et que je me suis donc contentée d'une (très) petite balade du côté des nouvelles Archives Départementales du Rhône, un bâtiment moderne qui m'intrigue depuis que je l'ai vu commencer à sortir de terre.

J'aurai adoré visiter l'intérieur, mais bon, encore une fois, moi et la foule hein... Mais ça m'a quand même poussé à prendre enfin le temps d'y emporter mon appareil, et de l'étudier sous tous les angles extérieurs. 

Et je suis littéralement amoureuse de ce bâtiment. Enfin disons que l'avoir vu de plus près me conforte dans mes sentiments pour lui XD
S'il est vraiment austère en apparence, je trouve qu'il se fond à merveille dans le quartier, et que lorsque le soleil est là, ses murs peints en "or" fonctionnent avec magie.

Avec en prime un ciel parfaitement bleu et cotonneux... que demander de plus ?? Ah si je sais : me décider à y retourner au printemps, quand l'espèce de grand espace d'herbe qu'il y a devant -et qui est (pour le moment) vierge de tout humain/construction humaine- se recouvre de crocus, puis de coquelicots...

























Et en bonus, des dommages collatéraux :